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Effets de l'apport des matières
organiques exogènes, d'une fertilisation azotée et d'un inoculum
microbien sur le devenir de l'atrazine dans le sol
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Formation doctorale : Santé et Environnement
Laboratoires : - Ecotoxicologie et Toxicologie
de l'Environnement - Faculté de Pharmacie - Groupe GEDEXE - Université
Joseph Fourier - Grenoble
- Sol et Environnement - Unité associée INRA
- ENSAIA - Nancy
Doctorant : Salem HAYAR
Responsables : Jean-Louis Benoit-Guyod et Michel Schiavon
Période : Octobre 1994 - Juin 1998
Collaboration : Laboratoire Santé et Environnement
- Faculté de Pharmacie - Université de Nancy I (Jean-Claude
Block)
Mots-clés : Sol, Pesticide, Résidus non
extractibles, Boues, Contamination, Micro-organismes, Inoculum fongique,
Dégradation, Bioremediation.
INTRODUCTION
La pollution des eaux par les produits phytosanitaires dépend non
seulement de leur transport, assuré par les eaux de ruissellement
et/ou de drainage mais aussi de leur persistance dans le sol. Ce dernier
apparaît comme un système complexe, une réserve pouvant
assurer le stockage de plusieurs kg/ha de ces produits entretenant ainsi
une contamination permanente des nappes phréatiques et un risque
de phytotoxicité pour des cultures sensibles. La restauration de
la microflore indigène du sol par l'apport d'un substrat nutritif
(biostimulation) ou par l'introduction de nouveaux micro-organismes à
capacités dégradantes (bioaugmentation) pourraient constituer
deux technologies de remédiation efficaces et peu coûteuses.
BUT
Notre objectif est de :
- Contrôler la persistance des pesticides et de favoriser leurs
mécanismes de dégradation par une intervention directe sur
la microflore des sols. Soit en renforçant son efficacité
catabolique, soit par l'introduction de nouvelles souches microbiennes
pouvant remplir une activité épuratrice vis-à-vis
de l’environnement.
- Etudier l'effet d'une fertilisation azotée et d'un apport
de boues résiduaires sur le devenir des produits phytosanitaires.
DISPOSITIF EXPERIMENTAL
Différentes modalités d'incubation ont été
testées dans des biomètres clos au laboratoire dans le but
de décontaminer un sol brun lessivé traité à
l'atrazine marquée 14C, avec ou sans apport de substrat nutritif
et d'inoculum fongique. Les souches utilisées sont Phanerochæte
chrysosporium et Aspergillus parasiticus. Cette étude comporte 2
aspects :
- Aspect microbiologique : (i) étude du comportement de la microflore
indigène du sol, (ii) suivi de l'activité minéralisatrice
du sol, (iii) isolement de la microflore dégradante de l'atrazine.
- Aspect dynamique : (i) cinétique de dégradation, de
formation des métabolites et des résidus d'atrazine, (ii)
localisation des résidus d'atrazine dans les compartiments du sol
(Acides fulviques, Acides humiques et Humines).
RESULTATS
Les résultats ont montré que les 2 souches fongiques conservent
leur capacité de dégradation vis-à-vis du polluant
en présence d'un substrat carboné (cellulose) et minéral
azoté (sulfate d'ammonium) et renforcent le potentiel dégradant
du sol. La biotransformation du pesticide se traduit essentiellement par
une déalkylation de la molécule mère.
L'apport d'un substrat nutritif organique, à lui seul, stimule
l'activité dégradante de la microflore indigène du
sol et favorise la minéralisation du pesticide. L'incorporation
de boue résiduaire au sol n'a pas d'effet significatif sur la disparition
de la molécule mère. La minéralisation de l'atrazine
dans le cas d'une fertilisation azotée ou de l'introduction d'un
inoculum fongique est nettement inférieure à celle produite
lors d'un apport du substrat nutritif. Cette disparition de la molécule
mère résulterait à la fois d'une dégradation,
d'une adsorption par les micro-organismes fongiques ainsi que de la formation
des résidus non extractibles.
PERSPECTIVES
D'autres techniques de bioremediation peuvent être envisagées
; la phytoremediation et l'intervention au niveau de la microflore rhizosphérique.
Appliquer et vérifier ces expérimentations sur d'autres types
de sols et de polluants organiques.